Vers des pratiques funéraires plus écologiques ?

Bien qu’encore peu répandue, une prise de conscience écologique semble avoir lieu dans le domaine du funéraire. Si la crémation et l’inhumation restent les pratiques les plus courantes lorsqu’un décès survient, de nouveaux modèles commencent à émerger partout dans le monde. Ces alternatives écologiques pourraient venir au fil des années remplacer l’inhumation et la crémation, jugées trop polluantes pour la planète. Zoom sur les nouvelles tendances écolos du marché funéraire !

L’inhumation et la crémation 

En France, deux pratiques se distinguent particulièrement lorsqu’un décès survient :

Malgré le fait que ces pratiques dominent le marché, la tendance tend vers des funérailles de plus en plus écologiques. De nombreux nouveaux modèles émergent partout dans le monde afin de réduire l’impact environnemental lié aux funérailles.

Les cercueils en carton

Chaque année, près de 11 millions d’arbres sains sont coupés (soient 30 000 km² de forêt) pour produire des cercueils en bois. Certains acteurs cherchent des solutions pour réduire l’impact environnemental du cercueil. C’est notamment le cas de la Coopérative de pompes funèbres nantaise, qui propose de nombreuses innovations à ses clients.

Afin de réduire l’impact environnemental d’un enterrement, cette Coopérative commercialise des cercueils en carton. Ces derniers sont composés de fibres de papier vierge et de fibres recyclées et sont vendues avec ou sans impression. En plus d’être écologiques pour la planète, ils sont également moins chers. En effet, les cercueils en cartons coûtent en général entre 300 et 1 100 €, là ou un cercueil en bois peut coûter jusqu’à 3 000 €.

L’humusation 

L’humusation consiste à transformer le corps des défunts dans un compost composé de broyats de bois d’élagage, grâce à l’action des micro-organismes. Ce procédé uniquement autorisé à Washington se déroule en 4 étapes :

  1. Le défunt est amené dans un cercueil réutilisable enveloppé par un linceul biodégradable, sans avoir subi de soins de conservation.
  2. Le corps est ensuite placé sur des copeaux de bois et d’argile, gorgés d’eau de pluie.
  3. Au bout de 3 mois, les os commencent à disparaître et se détachent les uns des autres, notamment grâce à l’effet de la chaleur comprise entre 60 et 70 °.
  4. Enfin, après 1 an, le corps est entièrement décomposé et transformé en 1,5 m3 d’humus sain et fertile. Ce mélange permettra ainsi de fertiliser environ 100 arbres : une aubaine pour la planète !

La liquéfaction

La liquéfaction (ou aquamation) consiste à dissoudre le corps du défunt dans un bain chimique. Ce processus dissout les protéines, le sang et la graisse du corps pour le réduire à l’état de liquide. Le corps est plongé dans un mélange d’eau et d’alcali (un sel dérivé d’un métal alcalin) chauffé à 180 degrés pour assurer la décomposition du corps. Les fragments osseux, ou autres parties ne pouvant être liquéfiées sont brûlés grâce au processus de crémation

La liquéfaction funéraire émet environ un tiers de gaz à effet de serre de moins que la crémation. De plus, aucun fluide n’est rejeté dans le sol et tous les éléments métalliques du corps (couronne dentaire, prothèse médicale, etc…) peuvent être récupérés. Quant aux restes liquides du corps dissout, ils pourraient servir d’excellent engrais pour la terre. Les experts estiment que ce fluide est stérile, et qu’il contient de nombreux nutriments. Cependant, cette pratique est principalement autorisée aux Etats-Unis, au Canada et en Australie.

Comme nous le voyons, les funérailles plus écologiques commencent à émerger en France, via notamment de nouveaux acteurs, qu’ils soient coopératifs ou non. L’humusation est une pratique funéraire qui pourrait notamment voir le jour dans les prochaines années. Nouvelles pratiques, nouveaux acteurs (coopératives), le secteur du funéraire évolue, après de nombreuses années peu ou prou tournées vers le changement.

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